Un sujet qui revient très souvent est la question de savoir
comment faire face aux critiques, aux agressions verbales, ainsi qu’aux
antipathies qui se forment tout naturellement. Les réactions négatives sont
franchement désagréables. Un tel sujet mériterait d’être traité en long, en
large et en travers. Soyons téméraires, traitons-le en quelques lignes.
La vie ne peut se concevoir sans relations humaines. Et qui
dit relation dit émotion. Dans un accompagnement, un objectif des plus
fréquents consiste à parvenir à ce que le client parvienne à prendre du recul
face aux émotions négatives. On peut parler d’indifférence, de détachement, ou
bien de curiosité bienveillante si vous préférez une expression socialement plus
correcte.
Milton Erickson a montré la voie. Dans son approche de l’hypnose, il montre la possibilité de faire la distinction entre un souvenir factuel et la part émotionnelle contenue dans ce même souvenir. En « apprenant » au client à se souvenir, au choix, des détails factuels ou des émotions d’un souvenir précis, on peut ensuite -face à un interlocuteur désagréable- vivre une situation présente en séparant la compréhension du discours factuel des émotions ressenties :
« You then point out to a patient that it is perfectly possible to remember the intellectual facts of something but not the emotional content, and vice versa. » (Erickson & Rossi, 1979) *
De récentes recherches en neurologie confirment d’ailleurs (je parle sous réserve de mon voisin neurologue du rez-de-chaussée) l’idée que le cerveau stocke séparément les faits et les émotions.
(*) cité dans The Wisdom of Milton H. Erikson