C’est la rentrée, les rendez-vous reprennent. Je repars à la recherche de missions. Je suis à nouveau frappé par le comportement de certains managers. En dépit d’un curriculum rempli de noms prestigieux, certains cadres adoptent une attitude frôlant la paranoïa. Ils vérifient deux fois plutôt qu’une si la porte de la salle de réunion est bien fermée, ils tournent la tête à plusieurs reprises pour voir si personne ne se tient derrière la porte vitrée, ils baissent la voix au point de me donner envie d’acheter un sonotone. Si le rendez-vous se déroule dans un lieu public comme un restaurant ou un bar branché, l’inquiétude va en grandissant. Peur d’être aperçu en compagnie d’un coach ? Peur que ses interrogations personnelles soient mal interprétées par un éventuel espion de l’entreprise, comme si des micros avaient été installés dans les salles de réunion ? Certains managers se sentent surveillés en permanence, épiés, suivis. L’évolution de la globalisation fait que les carrières deviennent moins prévisibles. Les managers sont nombreux à se plaindre d’un manque de visibilité sur l’évolution de leur progression. La sophistication des systèmes de contrôle et de reporting explique également ce sentiment de paranoïa.

Mais le contraste est grand quand je rencontre des managers occupant un niveau hiérarchique niveau Direction Générale. Quelle est l’attente des dirigeants ? En deux mots, ils disent vouloir des managers n-1 ou n-2 qui soient sympathiques, sociables, ayant une ouverture à d’autres cultures, pouvant voyager souvent voire habiter un moment dans un autre pays, aimant leur métier, loyaux, attachés aux valeurs de l’entreprise, de bonne humeur, sachant plaisanter et garder le sourire dans les moments difficiles. Pour plaire à son chef, il faut l’aimer et ne pas hésiter à verbaliser son attachement pour l’entreprise et son travail. Aimer son chef, c’est apprécier la possibilité qu’il vous donne d’avoir une raison valable de vous lever le matin.

Le paradoxe est que les dirigeants veulent des managers équilibrés, biens dans leur peau, rassurants. Alors que les managers eux aussi sont en quête de réassurance. Il suffirait aux managers de baisser leur niveau d’inquiétude pour mieux faire apprécier leurs compétences.

Vous allez me dire que cet article est hyper-naïf, mais c’est ça le phénomène de la rentrée. On croit que tout sera mieux qu’avant.