Un sujet de discussion classique lorsque je discute avec un coach est la situation suivante : « J’ai rencontré un client l’autre jour, mais il a préféré un autre coach que moi ! ». Les DRH ont souvent pour habitude de demander à leurs cadres de rencontrer plusieurs coachs, en général trois, dans le cadre d’une démarche de coaching. Je pense que cela vient de la généralisation du processus de mise en concurrence censé garantir l’éthique, le prix et la qualité des achats. On peut voir là aussi une approche du coaching consistant à faire en sorte que le coaché fasse des choix dès le début du processus du coaching : après tout, l’un des objectifs du coaching est d’inciter le coaché à prendre conscience de ses choix implicites et explicites (et à les assumer).
Évidemment, il est illusoire de penser que vous allez être préféré par 100% des clients que vous allez rencontrer dans le cas d’une mise en concurrence. Demandez aux psychiatres, psychologues et thérapeutes de tous poils si les clients ne font pas leur marché ! Pourtant, voir un client choisir un autre coach que soi reste visiblement quelque chose de problématique (oserais-je dire douloureux ?). « Je ne comprends pas, il a préféré quelqu’un ayant moins d’expérience que moi. »… « C’est bizarre quand même, le courant était bien passé entre nous. » « Tiens, je suis content de te voir, tu sais ce qui m’est arrivé ? ».
Même chez des coachs ayant les attributs de la réussite
(dirigeants ou associés d’une société reconnue dans le domaine du coaching, de
la formation, de l’outplacement, etc.), de telles expériences provoquent un
faible niveau de confiance en soi, du doute. Bref, tout le contraire d’un
sentiment de bien-être. Ces sentiments désagréables ne s’inscrivent pas dans la
durée, mais semblent réveiller une tendance générale à rendre les choses pires
que ce qu’elles sont en réalité.
Arrêtons-nous une seconde. Un « client » est-il qualifié pour juger des compétences et des qualités humaines d’un coach ?
Les raisons qui expliquent que vous préfériez travailler avec tel ou tel coach sont également dictées par votre inconscient : la forme du visage qui vous fait penser à telle ou telle personne, etc. Le coach n’a donc pas à se sentir rejeté pour des raisons qui lui seraient propres.
Par ailleurs, démarrer un coaching revient à initier un processus de changement. Et il est prouvé et archi prouvé que tout être humain résiste au changement. De façon paradoxale, un client peut se retrouver à préférer celui ou celle qui risquera le moins de le faire changer ! Comme si inconsciemment il se disait : au moins avec lui (elle), je suis tranquille, je n’aurais pas à remettre en cause mes certitudes, mon mode de fonctionnement, mes habitudes.
Pour changer, il faut accepter de rentrer dans une phase d’inconfort. Il faut accepter de partir pour un voyage dans un pays inconnu ! Et ce n’est facile pour personne !