Quand vous abordez un responsable Ressources Humaines pour être référencé comme coach dans un grand groupe, vous vous devez de pouvoir répondre à la question « Quel est votre référent théorique ? ». Ou bien : « Quel est le modèle théorique dans lequel s’inscrivent vos interventions ? ». Inutile de dire qu’il convient de répondre avec le plus grand sérieux et la plus grande pertinence. Dire « mes interventions s’inscrivent en Euro depuis le 1er janvier 1999 » est une phrase très mal perçue.
C’est dans cet état d’esprit que je me suis précipité sur ma télécommande pour assister à l’émission La Grande Librairie, jeudi 15.
Voici le programme annoncé :
La psychanalyste Anne Millet publie «Psychanalystes, qu'avons-nous fait de la psychanalyse ?», au Seuil, une réflexion critique sur sa discipline. Alain de Mijolla, membre de la Société psychanalytique de Paris et président de l'Association internationale d'histoire de la psychanalyse, publie quant à lui «Freud et la France», aux P.U.F. Le philosophe Michel Onfray évoque la publication du «Crépuscule d'une idole : l'affabulation freudienne», chez Grasset, une attaque en règle contre l'inventeur de la psychanalyse. Jacques Van Rillaer, professeur de philosophie en Belgique, et Mikkel Borch-Jacobsen, professeur de littérature comparée aux Etats-Unis, ont participé à l'ouvrage collectif «Le Livre noir de la psychanalyse», publié aux Arènes.
Qui a volé mes illusions ?
Au lieu d’une discussion sur le modèle freudien, j’ai assisté à d’étonnants dialogues. L’un parlait d’une liaison qu’aurait eu Freud avec sa belle-sœur, ce qui discréditait la confiance que l’on pouvait donner à ses écrits. L’ensemble de la pensée freudienne était donc envoyée à la blanchisserie pour être détachée de tout soupçon en compagnie de deux ou trois draps sales.
L’autre avait remarqué dans sa pratique qu’il soignait plus vite les addictions avec une thérapie comportementale que ne pouvait le faire un psychanalyste. Ce qui prouvait bien que Freud avait tort et que le charmant prénom de ma charmante belle-mère est Colette (non, ce n’était pas le prénom de la belle-sœur de Freud).
Après avoir observé cette folle confusion entre pratique et théorie, je me suis dit que j’étais aussi qualifié que les intellectuels médiatisés de France 5 pour comparer les théories de Freud et de Milton Erickson. Au moins, moi, je ne confondais pas ma pratique et ma théorie.