Voici un commentaire sur le livre de Marcel Rufo, Chacun cherche un père
Le Professeur Marcel Rufo est un psy médiatisé, mais cela ne lui interdit pas de traiter avec pertinence d’un thème compliqué dans un langage compréhensible.
A travers 25 histoires, Marcel Rufo présente une palette d’enfants et de parents qui essaient d’entrer en contact. Les références à la théorie freudienne sont discrètes (mais toujours utiles).
On ressent parfois un manque de neutralité, comme dans la critique du père qui se suicide. Pourquoi pas ? Après tout, Marcel Rufo n’est pas en séance, mais en train de réfléchir sur la façon dont l’enfant se construit. Le parti pris est clair, c’est celui de l’enfant.
Un long extrait vaudra mieux qu’un long discours:
« Quand le père est absent ou inexistant, l’enfant est privé d’une part de lui-même, de son histoire et donc de ses fondations, et il n’aura de cesse de trouver des figures paternelles de substitution pour combler cette faille qui menace de l’engloutir et pour réussir à se construire.
Mais quand le père est présent, il n’est jamais à la hauteur des espérances et des attentes que l’enfant avait placées en lui. Sa destinée est de décevoir et d’accepter d’être un objet de déception. Cependant, l’enfant n’oublie jamais qu’il a été auparavant objet de son admiration, et il va souvent s’attacher à d’autres figures qui viendront combler son besoin d’admirer ; elles apparaissent comme autant de « suppléments de père » qui l’aident à compenser avec le sien tel qu’il est dans la réalité. »
Etes-vous vous-même un parent absent ou présent ? Votre propre père était-il absent ou présent ? Quels sont vos « suppléments de père » à vous ?