Beaucoup de managers s’intéressent à la psychologie, bien que la matière ne fasse pas partie du cursus classique des formations au management. Les ouvrages théoriques sont souvent hermétiques (vous avez déjà essayé de lire un livre de Lacan sur un vol Paris-New York ?). Par ailleurs, les ouvrages de vulgarisation dits grand public sont souvent réducteurs (comme ceux vendus aux librairies des aéroports). Les concepts théoriques de la psychologie sont en fait à la portée d’un polytechnicien ou d’un HEC, mais sont relativement difficiles à appliquer dans la pratique.
Certaines situations réveillent des flots d’émotion. Face aux critiques d’un supérieur, face à la mauvaise volonté d’un collaborateur qui ne collabore pas, ou bien, de retour du bureau, une fois à la maison, face à un enfant qui désobéit, on se sent désemparé. On peut se laisser submerger, se laisser entraîner dans les profondeurs des océans. Ou bien les fuir, comme ceux qui quittent la plage en courant devant la menace d’un tsunami. Ces émotions deviennent envahissantes et gênent l’analyse de la situation. On réagit à chaud, de façon intempestive, ou alors on se déshumanise. On devient négatif, nerveux, agressif, ou bien distant. Les occasions ne manquent pas de souffrir dans l’entreprise. L’attente est si grande ! Il est si rare de recevoir la gloire des louanges et des honneurs.
La théorie est simple. Il faut se confronter à ses émotions, les décrypter verbalement, les ressentir (y compris dans son corps). Après avoir accepté ses émotions, il devient plus aisé d’analyser la situation d’un point de vue factuel, de prendre des mesures, de décider, de faire des propositions.
Il n’est pas toujours facile de se débrouiller tout seul. C’est là où il est intéressant de demander de l’aide à quelqu’un extérieur à l’entreprise comme un thérapeute ou un coach. Pourquoi choisiriez-vous quelqu’un comme moi ?
De fortes émotions peuvent réveiller d’anciennes blessures, ce que l’on appelle des traumatismes.
De par mon parcours personnel (une double expérience de l’entreprise et de l’intervention en conseil), je suis partisan d’un point de vue pragmatique : D’un point de vue pratique, il existe des cas où il s’avère opportun de déceler un traumatisme passé et de s’arrêter un moment dessus. Dans d’autres cas, il vaut mieux favoriser l’apprentissage de techniques de « centrage sur notre noyau somatique ».
On n’est pas dans le champ de la psychanalyse, si passionnante que soit l’investigation du monde souterrain. On est dans le champ de l’entreprise : l’essentiel reste de trouver -le plus rapidement possible- les ressources nécessaires en soi pour gérer les émotions.