Voici un commentaire du volume 4 des Séminaires d’Erickson

 

De nombreux thérapeutes (médecins ou non) ont suivi des formations en hypnose ericksonienne. La plupart de ceux que j’ai eu l’occasion d’interroger m’ont indiqué avoir de la sympathie pour l’hypnose, mais qu’ils ne l’utilisaient que rarement dans leur pratique. Comme le disait un chirurgien-dentiste : « c’est passionnant, mais cela prend trop de temps. »

 

Je ferai l’hypothèse qu’il existe d’autres éléments d’explication au fait que l’hypnose ericksonienne soit une technique relativement peu utilisée. De façon classique, les thérapeutes ont une approche dite rationnelle des problèmes de leurs clients. Il faut d’abord trouver la cause du problème avant de le traiter. En hypnose, le raisonnement est différent. Dans le cas de Madame Jones (pages 173-180 du volume 4 de ses Séminaires *), Milton Erickson ne recherche pas la cause des problèmes.

 

Erickson traite Madame Jones, une femme obèse qui a mal au dos. Il la met en transe. Il suggère que son inconscient peut apprendre à gérer la douleur. Le temps peut paraître long… ou court, voire incroyablement court. Comment pouvez-vous avoir mal si vous n’avez pas le temps d’avoir mal ?

 

“ …It is very nice to have time be so short that pain doesn’t even have a chance to begin; it doesn’t begin at all. It doesn’t.” (p. 177)

 

Puis, pour la faire maigrir, Erickson suggère que son inconscient peut apprendre à laisser des calories collées dans son assiette !

 

"...I wonder if you could let 100 calories stick to the plate? It ought to be interesting and amusing to look at 100 calories sticking to a plate... How are you going to visualize it ?..." (p. 180)

 

 

 

 (*) M. Erickson, Creative choice in hypnosis, The Seminars, workshops and lectures of Milton H. Erickson, volume IV, Free  Association Books, éd. 1998