Dans son dernier rapport, la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Milivudes) s’inquiète à nouveau de la pratique des faux souvenirs induits, notamment des souvenirs d’inceste.

 

Je n’ai pas lu le rapport, je ne peux donc pas en parler en détail. Ce rapport est publié dans un contexte de polémique, celui de la réglementation du métier de psychothérapeute. Sans vouloir non plus entrer dans ce débat, je voudrais revenir sur la pratique de l’hypnose ericksonienne.

 

Il est essentiel au début d’une séance d’hypnose de partir d’un état de relaxation. C’est pour cela qu’il faut se montrer très prudent lors de la première séance. Il faut prendre son temps.

 

Si vous cherchez à contacter l’inconscient de la personne à partir d’un état non relaxé, vous risquez de rencontrer de vives émotions, provoquées par des souvenirs désagréables, pénibles, tristes, traumatisants. La personne alors se sent mal, les larmes lui montent aux yeux. Et les souvenirs qui remontent à la surface sont verbalisés sur un ton dramatique. Voilà l’une des explications au fait que certaines séances d’hypnose (ou de l’un de ses dérivés comme la sophrologie) puissent faire remonter à la surface des souvenirs d’inceste. Qu’il soit de mauvaise foi ou simplement imprudent, le thérapeute est alors tenté d’expliquer les problèmes de la personne par l’inceste : « Vous avez des problèmes avec votre sexualité parce que vous avez été abusé(e) dans votre enfance. » Il est alors difficile de savoir si ces souvenirs sont réels ou non.

 

Encore une fois, il faut provoquer un état d’hypnose petit à petit, en s’attachant à vérifier en permanence que la personne est en train de se détendre. Savez-vous que Milton Erickson faisait souvent des séances de quatre heures ! Pour quelle raison l’étudiant voudrait-il aller plus vite que son professeur *?

 

 

(*) Je n’utilise pas les termes de disciple et de maître, sinon ma mère va croire que je fais partie d’une secte.