Voici un commentaire du livre de Jay Haley, Stratégies de la psychothérapie, Editions érès, éd. 2009.
Publié en 1963, ce livre reste d’actualité. C’est avant tout un témoignage des premières recherches de l’école de Palo Alto. Sans vouloir prétendre résumer cet ouvrage, j’ai relevé les points suivants :
A travers une comparaison des thérapies directives et de la psychanalyse, thérapie non-directive par définition, vous pourrez mieux saisir les attitudes radicalement différentes d’un psychanalyste et d’un thérapeute plus interventionniste.
Avec ironie, mais une grande finesse, Jay Haley
décortique les stratégies adoptées par certains psychanalystes et certains
thérapeutes. Si vous vous êtes déjà allongé sur un divan en vous demandant pourquoi
vous payez si cher quelqu’un qui ne répond pas à vos plaintes, vous retrouverez
avec nostalgie des répliques du genre :
« Je me demande pourquoi vous êtes si troublé quand je ne parle pas. » (p. 131)
Le chapitre sur la thérapie conjugale est criant de
vérité. La distinction entre une relation symétrique et une relation complémentaire
devrait être enseignée dès la maternelle, de façon à éviter des comportements
tels que décrits par Jay Haley :
« Une extrême oscillation de ce type survenant dans un ménage s’observe surtout dans des couples venant chez un thérapeute pour une aide à la séparation. Certains époux se sépareront et reviendront ensemble et se sépareront à nouveau au cours des années, dans l’incapacité d’être ensemble et dans l’incapacité d’être séparés. » (p. 203)
Tout le long du livre, les passionnés de Milton
Erickson seront contents de retrouver les traces de son inspiration, comme à
propos du principe fondamental des thérapies brèves, la prescription du
symptôme :
« Voici une directive, typique d’Erickson, donnée à un patient qui se plaignait de sa solitude et de son manque de contact avec autrui, restant assis dans sa chambre à perdre son temps. Erickson lui suggère d’aller dans une bibliothèque publique où il sera bien forcé de garder le silence sans contact avec autrui. Là, il devra perdre son temps. Le patient va à la bibliothèque. D’esprit intellectuel et curieux, il commence à occuper son oisiveté avec des revues. Il se prend d’intérêt pour des articles de spéléologie. Un jour, à la bibliothèque, quelqu’un lui demande si cela l’intéresserait d’explorer des grottes. Et il devient membre d’une société de spéléologie, ce qui le conduit vers la vie sociale. » (p. 92)