Lorsque Milton Erickson naît, en décembre 1901, Sigmund
Freud avait 45 ans et venait de publier l'Interprétation
des rêves. Freud a consacré en partie sa vie à démontrer que l'inconscient
existait. Comme il l'écrit:
"Pour bien comprendre la vie psychique, il est
indispensable de cesser de surestimer la conscience. Il faut, comme l'a dit
Lipps (non, il n'y a pas de rapport avec la Brasserie Lipp), voir dans l'inconscient le fond de toute vie psychique. L'inconscient est pareil à un grand cercle qui enfermerait le conscient comme un cercle plus petit." (*)
Partons du principe que l'inconscient existe (si vous avez toujours un doute, je vous suggère d'arrêter la bière). Venons-en à cette importante question: Erickson avait-il une théorie de l'inconscient? Avec une question subsidiaire: à quoi cela me servirait-il de la connaître?
Il est difficile de parler de la théorie de l'inconscient d'Erickson sans aborder la théorie de Freud, car l'inconscient dont parle Erickson est différent de celui de Freud. Or, dans la société moderne, le mot inconscient évoque l'image d'un homme barbu prénommé Sigmund, aimant les divans, la pipe (sans jeu de mots), les cigares, la cocaïne et obsédé par Œdipe (il y a en France 71 Sigmund, d'âge moyen 78 ans - c'est fou, non?).
Dans sa première topique (le petit Robert – 418934 Robert en France! – précise que le mot topique signifie théorie des catégories générales), donc, dans sa première topique, Freud parlait de l'inconscient, du préconscient et du conscient, pour évoluer ensuite dans sa seconde topique vers le ça, le surmoi et le moi. Pour faire simple, pour Freud, l'inconscient, le ça, représente un lieu amoral, sans bien ni mal, où le volcan des pulsions éructe, pardon, est dans une éruption perpétuelle. Une fois la coulée de la lave refroidie, c'est si tout juste si vous pouvez en retirer des bribes d'interprétation au détour d'un rêve. Un lieu inaccessible, mystérieux, mais qui régit nos motivations!
Dans les articles publiés par Erickson, l'inconscient a un autre sens.
(*) Freud S., L'interprétation des rêves, Paris, PUF, 5ème tirage 1980 (page 520)