Une femme qui vivait dans son plus bel âge envisageait avec moi son possible premier mariage. En tant que parisienne avertie, elle connaissait mieux que quiconque les terribles statistiques : au moins un mariage sur deux se termine par un divorce à Paris… et il y au moins dix veuves pour un veuf dans la tranche des moins de 55 ans. Plus elle attendait, plus la concurrence s’intensifiait ! Devait-elle renoncer maintenant à sa liberté pour se marier au risque d’un échec ? Dans la discussion à bâtons rompus, « Je vieillis, je le vois bien. », un sentiment qui tenait de la peur de la mort avait vite émergé.


Un dirigeant d’affaires parlait du sentiment de panique qu’il venait d’éprouver lorsque ses banquiers avaient refusé de lui accorder de quoi sauver son entreprise. « Moi qui suis pourtant si optimiste, je ne sais plus comment je vais faire pour gagner de l’argent. » Après avoir évoqué les périodes fastes où il avait amassé tant d’argent, il en était rapidement venu à parler de la mort de son propre père, de sa peur de souffrir un jour d’une maladie incurable.


La journée avait commencé avec l’annonce de la mort du chat de mes beaux-parents.


Le soir, installé sur mon fauteuil au cinéma, je contemplais les belles images de L’étrange histoire de Benjamin Button. En filigrane dans le film, la question se posait de savoir ce qu’il y avait après la mort, une question entremêlée de sensations liées à une enfance idéalisée, aux odeurs rassurantes, aux bruits apaisants, sans cauchemars :


“There were no troublesome memories in his childish sleep; no token came to him of his brave days at college, of the glittering years when he flustered the hearts of many girls. There were only the white, safe walls of his crib and Nana and a man who came to see him sometimes, and a great big orange ball that Nana pointed at just before his twilight bed hour and called "sun." When the sun went his eyes were sleepy--there were no dreams, no dreams to haunt him.”

(Scott Fitzgerald)


Avant de me coucher, j’écoutais à la radio une interview de Pierre Bergé. Il expliquait mettre sa collection en vente avec à peu près ces mots « La mort d’Yves Saint-Laurent signifiait la fin de notre collection. »


Comment traiter le sujet de la peur de la mort et de son corollaire : le bonheur perdu à jamais de l’enfance ?


En hypnose thérapeutique, il est important de pouvoir communiquer deux idées.


La nostalgie de l’enfance peut être présentée sous un point de vue différent, celui de souvenirs donnant des ressources intérieures positives, liées à un sentiment de sécurité, de protection, de confort, d’approbation…


L’approche de la mort peut être imaginée comme un moment où on se retourne sur sa vie avec un profond sentiment de fierté pour ce que l’on a accompli.