Je viens de participer à un nouveau séminaire de formation en coaching. La formation était assurée simultanément par un coach et un thérapeute. Robert Dilts (le coach) et Stephen Gilligan (le thérapeute) se partageaient l’estrade. Cela fait plusieurs formations que je suis tantôt avec l’un, tantôt avec l’autre, ou encore les deux en même temps (je suis un vrai fan !). Mais, cette fois, je m’étais retrouvé assis dans les derniers rangs d’une salle archibondée. Légèrement myope, ayant oublié mes lunettes, il m’était néanmoins impossible de confondre les deux.
Le coach portait un costume, sans cravate mais bien coupé, des chaussures noires en cuir, bien cirées, un polo et une ceinture de marque. Quant il lui fallait lire des notes, il se servait d’un mini Apple dernier cri. Au déjeuner, il partait au restaurant, réchauffé dans un beau pardessus.
Le thérapeute portait le premier jour une chemise multicolore, un pantalon fripé, puis, les jours suivants, des T-shirts à la gloire du Bouddha rapportés de Bali, il était chaussé de Nike noires. A l’heure du déjeuner, il faisait une sieste sur un tatami, sans rien manger à part un peu de thé, puis on le retrouvait à la reprise, tout décoiffé, les pupilles dilatées, assis dans une posture de méditation.
Dans ses exemples, le coach faisait référence à des managers, à des leaders, à des comités d’administration de multinationales. Les problématiques revenaient souvent sur la nécessité d’un changement face à la crise, aux inquiétudes soulevées par la faillite, le besoin d’innover, d’assurer un leadership.
Le thérapeute, lui, citait des déprimés, des drogués, des fumeurs, des désespérés, des maris ou des femmes confrontés à une vie de couple en perdition.
Leur sémantique comportait des différences notables. A propos du changement génératif, de la capacité à se réinventer, le coach parlait de la qualité de la relation entre l’état cognitif et l’état somatique. Tandis que le thérapeute parlait du dialogue entre le conscient et l’inconscient.
Dans les démonstrations, lorsqu’un volontaire venait sur l’estrade pour illustrer un exercice, leur attitude semblait elle aussi différer suivant la nature de leur métier. Le coach adoptait une attitude de soutien (sponsorship) en se tenant souvent près de la personne, en le tenant par l’épaule.
Le thérapeute ne parlait pas de client mais de patient, il ne touchait jamais la personne, mais, expert en hypnose, il se servait des vibrations de sa voix comme d’un instrument de musique.
En assistant au séminaire, une évidence m’est venue à l’esprit. Pour être crédible en tant que coach face à un manager, il vaut mieux porter un costume bleu sombre qu’un bermuda et des sandales en cuir.
Mais une question reste en suspens. Pensez-vous que ce soit votre personnalité qui vous destine à un métier ? Ou bien qu’il suffise de s’adapter à l’image de ce métier (en adoptant la tenue vestimentaire, le comportement, le langage…) ?
Votre caractère vous dirige-t-il vers un métier précis ? Ou devez-vous coller votre caractère au métier choisi ?
La réponse n’est pas si simple, car Robert Dilts est coach mais aussi, dans certaines situations, thérapeute. Et Stephen Gilligan est bien d’autres choses encore que psychothérapeute.
L’habit ne fait pas le coach !