Voici un commentaire sur le livre Ski et psychisme
de Timothy Gallwey et Bob Kriegel. Le titre en anglais est Inner skiing.
Après le tennis et le golf, Timothy Gallwey applique les principes du Jeu
Intérieur au ski. Le Jeu Intérieur est "la façon toute naturelle
qu'enfants nous avons d'apprendre à marcher ou à lancer une balle. Elle (cette
approche) fait appel à l'inconscient plutôt qu'à la raison..."
Entre
parenthèses, on retrouve là les allusions si fréquentes de Milton Erickson dans
ses inductions à l'apprentissage de la marche.
Pour apprendre à descendre une
piste noire sans appréhension, il faut faire taire la voix du "Moi n°
1" (la voix du mental): "... souvenez-vous que la voix qui assure le
bavardage, qui juge, qui s'inquiète, qui doute est le Moi n° 1, et qu'il donne
des ordres au Moi n° 2, au corps, qui lui, accomplit les actions."
Bref,
c'est tout simple, cessez d'écouter votre mental et faites confiance à
l'intelligence de votre corps.
N'en déplaise à Descartes, l'intelligence de
votre mental a ses limites! "Le Moi n°1 ne pourrait jamais emmagasiner la
multitude d'instructions nécessaires pour la moindre tâche et les communiquer
instantanément aux muscles."
Pour ceux qui viennent de passer leur bac philo
(c'était hier), je vous laisse disserter sur cette autre phrase de Timothy
Gallwey: "La prise de conscience constitue le processus d'apprentissage du
Moi n° 2, tandis que l'apprentissage conceptuel commence et finit au Moi n°
1."
Ce qui est révolutionnaire est justement le processus d'apprentissage
du Moi n° 2. Celui-ci "apprend par la découverte" ..."Il n'y
avait pas de <<faites ceci>>, de
<<ne faites pas cela>>, simplement l'exploration de quelque
chose de nouveau."
J'ai trouvé l'exemple suivant particulièrement
inspirant pour ceux qui, comme moi, ont pris d'innombrables cours de tennis
(Timothy Gallwey est alors en train de donner une leçon de service au tennis):
"Si un élève manque la cible de 1,50 mètre trop à droite, je ne lui demande pas de viser plus à gauche, je lui demande seulement de servir à nouveau sans essayer consciemment de procéder à aucune correction. Je fais confiance à son Moi n° 2 pour effectuer la correction. Et le Moi n° 1 est toujours très étonné de voir avec quelle rapidité le corps apprend à frapper la cible sans son aide."