J'ai participé la semaine dernière à une réunion de l'ICF (International Coach Federation France) sur l'approche du coaching par un grand groupe français. L'un des axes de recherche mentionnés à la fin de la discussion concernait la façon dont la DRH pourrait s'y prendre pour calculer le Retour sur Investissement (ROI) du coaching.

La question est légitime. Dans le cadre d'une clientèle de particuliers, le sujet du coût du coaching est omniprésent, c'est parfois clairement évoqué, parfois moins. Une cliente me disait "Je dépense 180 euros par mois en cigarettes, si grâce à vous je peux arrêter de fumer, je suis d'accord pour venir vous voir deux fois par mois, puisque vous me proposez des séances à 80 euros." Lors d'une recherche d'emploi, les clients finissent toujours par se satisfaire du rapport entre ce que leur avait coûté le coaching et leur nouveau salaire. Dans un sens différent, une cliente faisait état de ses différents problèmes, dont faisait partie son manque de moyens pour entreprendre un travail en développement personnel. Puis, quelques semaines plus tard, elle revient en disant "Je suis partie une semaine au soleil" (ce qui représentait le prix d'une dizaine de séances) "Je me sentie très bien, mais dès le lendemain de mon retour je me suis sentie à nouveau très tendue". Comme le montre ces quelques exemples, la question à se poser est la suivante: Quel prix donnez-vous à votre santé psychique?

Dans le cadre d'un coaching en entreprise, la question du ROI est encore plus légitime. Il faut bien justifier les investissements (...même les plus modestes). Pour répondre à cette question, je suis revenu sur mes spécificités en tant que coach: l'intégration culturelle, la gestion du stress, l'innovation. Posons l'hypothèse que ce soit dans l'innovation que le calcul du ROI soit le plus évident. Les impératifs de la globalisation font de l'innovation un facteur de survie de l'entreprise occidentale, c'est une évidence me direz-vous. Mais l'innovation demande aussi un environnement facilitant, d'une part un climat humain positif, chaleureux, d'autre part une communication fluide entre des fonctions de nature différente. Ce ne sont pas là des évidences, mais du bon sens. Imaginez les possibilités de développement de produits (ou services) innovants si les gestionnaires, les financiers et le marketing parlaient le même langage (l'entreprise est parfois si proche de la Tour de Babel...).

Mon idée est de relier plusieurs coachings individuels entre eux. Prenez par exemple un jeune ingénieur d'origine coréenne formé aux USA qui se retrouve exilé en grande banlieue parisienne, en rase campagne, dans un centre de recherches. On pourrait envisager de le coacher en même temps qu'un financier et un homme de marketing, en structurant des séances individuelles et des séances à plusieurs. Ainsi, on pourrait travailler dans trois directions différentes: une intégration facilitée, un niveau de stress faible (d'où une plus grande créativité) et une innovation facilitée (puisque vous ajoutez à la créativité le dialogue entre des fonctions différentes).

Etes-vous sûr que votre R&D sait ce que le marketing voudrait les voir inventer? Etes-vous sûr que votre R&D sait ce que votre contrôle de gestion voudrait les voir inventer? Ne croyez-vous pas que des projets innovants et rentables pourraient émerger? De telles actions peuvent nécessiter l'intervention de deux coachs travaillant en équipe (avec par exemple un coach axé sur l'individu et un coach team builder). On s'écarte un peu du coaching centré sur la personne pour s'orienter vers un coaching de projet. Mais il me semble que c'est bien cela la demande de l'entreprise globale.