Communiquer un message pouvant être perçu de façon négative est toujours un exercice délicat, notamment dans le cadre d'une relation parent-enfant.

Même armé des meilleures intentions -éduquer, apprendre- le cher Papa ou la chère Maman généralise son discours. Vous avez tous entendu des phrases comme "Tu est toujours en retard le matin", "Arrêtes avec tes coudes sur la table", "Ne fais plus ceci, ne fais plus cela", "j'en ai assez de te répéter toujours les mêmes choses".

Si le charmant bambin a un ou plusieurs frères ou soeurs, le discours devient encore plus généralisant: "VOUS regardez trop la télévision!", "VOUS ne rangez jamais votre chambre!"

Ce discours généralisant entraîne chez l'enfant ou l'adolescent le sentiment de ne pas être compris, d'être rejeté, mal-aimé, critiqué, grondé...

Le fait de demander à quelqu'un de ne plus faire quelque chose qui lui est habituel est, il faut bien l'avouer, une critique déguisée. Il faut l'assumer. Mais serait-il possible de critiquer sans en donner l'impression? De gommer le côté négatif du message, de parvenir à lui donner un côté positif? Cela rendrait le message plus persuasif, non?

Les techniques transmises par Milton Erickson tombent à pic! Vous aussi, vous pouvez apprendre à vous en servir... avec un peu d'entraînement.

La prochaine fois que vous voudrez balancer un commentaire potentiellement acide à votre charmant ado révolté, soyez très attentif à relier les mots à la situation présente. Par exemple: "ce soir, dimanche 2 mars, à 19h45, tu contemples ton assiette blanc mat posée sur une table en verre blanc translucide et tu as un coude sur la table." ...N'ayez pas peur d'en faire trop. Employez un ton neutre, en articulant soigneusement les mots.

Ce genre de construction de phrase a une double utilité. D'abord cela vous aide à prendre du recul par rapport à ce que vous dites (et par rapport à votre sentiment de ras-le-bol), car vous observez, vous décrivez (et donc vous contrôlez vos émotions). Ensuite, vous incitez votre interlocuteur à prêter attention à sa posture. Implicitement, vous lui faites confiance pour corriger sa posture. C'est cette confiance que votre enfant ou votre ado va ressentir. Et c'est ce qui va l'inciter à vous faire plaisir, en se tenant
bien à table.