Consulter quelqu'un, dans le contexte d'une relation d'aide, est toujours compliqué. Il faut se déplacer, cela coûte cher (cela coûte toujours trop cher, n'est-ce-pas?). Il faut faire confiance, on ne sait pas sur qui on peut tomber, n'est-ce-pas? Il n'empêche que l'image du thérapeute incarne celui qui peut résoudre vos problèmes, changer votre vie... là, instantanément, tout de suite.
Comment répondre à cette attente?
Une tendance naturelle (du moins pour moi) est de me précipiter pour aider l'autre, en le relaxant, le réconfortant... Mais mon expérience m'a montré, maintes et maintes fois, qu'une démarche thérapeutique nécessitait un travail en plusieurs étapes.
Dans un livre de Regina Jakubovicz sur le bégaiement (A Gagueira*), j'ai relevé une description en quatre temps du processus thérapeutique qui me convient.
Les 4 phases d'une séquence thérapeutique
1) Phase d'identification
Vous apprenez à analyser, explorer et classer les comportements, évident et non-évidents, qui caractérisent votre problématique de type comportemental (comme une addiction à la cigarette, une phobie des araignées, une difficulté à communiquer dans certains contextes, un bégaiement, un état de stress...).
2) Phase de désensibilisation
Vous apprenez à gérer votre anxiété (si le mot vous convient), à reconnaître les réactions et pensées négatives associées à cette anxiété. Vous vous apercevez que vous pouvez la diminuer... l'augmenter, la diminuer.
3) Phase de modification
Vous découvrez des variantes, des approches différentes du comportement qui vous pose problème. Mais cette fois, les conséquences sont positives (pour vous et votre entourage). Vous découvrez des exercices pour éviter ce comportement, pour en adopter d'autres. Vous vous exercez, vous observez les changements.
4) Phase de stabilisation
Vous consolidez toutes vos découvertes. Vous automatisez vos nouveaux réflexes, vos nouveaux comportements. Vous en faites un processus naturel qui vous appartient et vous convient.
Comme le dit Regina Jakubovicz, ce travail ne se fait pas de façon rigide mais fluide. Nous sommes tous différents (et uniques!). Il est normal que vous vous attardiez sur l'une ou l'autre de ces quatre phases, ou que vous n'ayez qu'à survoler l'une d'entre elles.
(*) Si vous ne lisez pas le portugais, sachez que Regina Jakubovicz fait souvent référence à Van Riper qui, lui, écrit en anglais: The nature of stuttering. Et: The treatment of stuttering.