Voici un article sur le Manuel de Coaching écrit par Bernard Hévin et Jane Turner. Jane Turner va d'ailleurs intervenir lors du prochain congrès de l'Association Française de Nouvelle Hypnose (17 et 18 mai 2008) sur le thème "Résistance, désobéissance et autres modes de coopération paradoxale".
Le Manuel de Coaching décrit un modèle d'intervention très clair en quatre phases, avec sept "cartes". Ces cartes contiennent à la fois des questions à poser au coaché et des questions à se poser en tant que coach.
J'ai été sensible à la discussion de savoir si le coaching est différent ou non de la psychothérapie. Les auteurs considèrent que c'est une fausse question, puisque le coaching est avant tout de l'ordre du développement personnel. Contrairement à d'autres, il me semble que Bernard Hévin et Jane Turner abordent de front le rôle du coach en tant qu'initiateur de changement.
Et qui dit "je pense à changer" dit "je résiste au changement". Un exemple de dialogue?
Coaché: "J'ai bien un projet, mais il me semble totalement impossible à réaliser, que feriez-vous à ma place?".
Coach: "A votre place, je changerais de vocabulaire."
Le chapitre 11 sur le thème si essentiel du premier entretien donne des pistes sur la façon dont on peut écouter l'autre, tout en prenant du recul par rapport à ses propres émotions. Le chapitre 14 revient sur ce point:
"L'émotion ne demande qu'à être ressentie et exprimée; le coaché n'attend pas forcément de réponse. Pour que le coaché puisse reprendre contact avec ses ressources, le ressenti et l'expression des émotions sont souvent le passage obligé. Le coach ne peut pas engager ce passage à la place du coaché; il faudra qu'il laisse le coaché avoir accès à sa tristesse, à sa colère, à sa peur, pour l'accompagner par sa seule présence et par son écoute afin de lui laisser la liberté de vivre en profondeur ce qu'il est en train de vivre. Pour cela, le coach doit se rappeler qu'il n'y a rien à réparer chez le coaché car il n'y a rien de cassé."
Bernard Hévin et Jane Turner insistent: "...par rapport à la gestion des émotions, la difficulté que le coach peut trouver n'est pas liée à ses capacités mais à ses attitudes."