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"Nous sommes désespérés, nous avons un membre de notre famille qui souffre de dépression depuis des années, il a été traité avec des anti-dépresseurs pendant longtemps, et aujourd'hui a cause de ses gamma gt, il ne peut plus en prendre, et arrivé en fin d'après-midi il commence à voir tout en noir. C'est devenu infernal pour nous et surtout on ne sait pas quoi faire, croyez-vous que l'hypnose pourrait le guérir?"


Il arrive parfois que ce soient des membres de la famille qui fassent une démarche plutôt que la personne elle-même, dite dépressive (ou agressive, ayant pété un plomb, ou encore ado en crise aiguë). Dans ce genre de cas, la personne concernée refuse le plus souvent de venir. Une foule de questions vient alors à l'esprit. Est-il efficace d'intervenir sur un ou plusieurs autres membres de la famille (on rejoint là le concept de thérapie systémique)? Le ressenti de l'autre est-il réel ou fantasmé? Faut-il s'inviter dans la maison familiale? Milton Erickson était capable de le faire, mais il était psychiatre avant tout, cela faisait partie de sa mission de médecin.


Commençons par déblayer le terrain. Comment soigner la dépression?


1) Par des médicaments. Dans une optique neuronale, la dépression est une maladie, un dysfonctionnement. Comme le dit Marc-Louis Bourgeois (*):


"On peut désormais voir le cerveau penser: l'imagerie cérébrale confirme la réalité des effondrements dépressifs, le ratatinement des hippocampes, la défaillance du cortex préfrontal, que les médicaments psychotropes aussi bien que les psychothérapies réglées vont régénérer." 


Il faut agir! Un diagnostic psychiatrique est donc recommandé. S'agit-il d'une dépression nécessitant des antidépresseurs, d'une dépression bipolaire?  


Evidemment, les médicaments ne sont pas sans effets secondaires.


2) Par l'auto-guérison. Le dépressif analyse la situation, cerne le problème (le dépressif a souvent des cernes sous les yeux), pour aboutir à la conclusion qu'il n'y a pas de solution à son problème. Il ne demande pas l'aide de quelqu'un car personne ne pourra trouver la solution.


Vous pouvez avoir recours à l'homéopathie, faire de l'exercice physique, de la relaxation, pratiquer la méditation. Dans le cas d'une dépression "grave", s'en sortir seul reste une expérience délicate. L'auto-guérison est un chemin héroïque mais semé d'embûches!


3) Par une psychothérapie. L'intérêt est qu'il n'y a pas d'effets secondaires. De plus, une thérapie "réussie" passe par la notion d'un apprentissage, ce qui donne la possibilité d'un changement en profondeur. On apprend à transformer un état dépressif en quelque chose de plus positif. On évolue!


Evidemment, il y a un risque: celui par exemple de passer à côté d'une tendance suicidaire.


4) Grâce à la stratégie du croque-monsieur (ou du croque-madame). Une tranche de médicaments avec la caution d'un psychiatre, une tranche de psychothérapie, avec au milieu une sauce faite de bonne volonté et de coopération. Le bon sens rend cette stratégie intellectuellement séduisante. Pour beaucoup, c'est la meilleure possible.


Dans la pratique, il faut savoir que la prise de psychotrope entraîne un état de conscience artificiellement modifié. Le travail sous hypnose est alors potentiellement entravé, car l'hypnose vise justement à retrouver des états de conscience modifiés naturels (...comme le disait Aldous Huxley à sa femme, le meilleur des mondes n'existe pas).



(*) cité dans Voyage extraordinaire au centre du cerveau écrit par Jean-Didier Vincent