Consultant, manager ou thérapeute, diriger une réunion quand on est un grand timide (ou une tendre créature féminine fragile et sensible) s'avère le plus souvent une épreuve.

L'ordre du jour n'est pas respecté, la discussion n'avance pas, Pierre accapare le temps de parole, Paul râle parce qu'il n'a pas eu le temps de s'exprimer, Yvette a l'air furieuse, Jacques envoie des SMS à sa maîtresse et Hubert se gratte le nez entre deux ronflements. Vous vous sentez de plus en plus mal à l'aise, vous avez l'impression d'étouffer.

Il y aura toujours une Grande Gueule pour aboyer ou une Madame Je Sais Tout. L'être humain est ainsi fait que le mot réunion devient pour beaucoup synonyme de: "Super, j'ai l'occasion de montrer à une bande de pignoufs comme je suis beau et intelligent". C'est ce que j'appelle le syndrome du professeur. Suivant Monsieur le Professeur (ou Madame le Proviseur) il y a Moi qu'il faut écouter... et les autres.

N'oubliez pas! Si vous ne dirigez pas cette réunion, c'est quelqu'un d'autre qui va la diriger à votre place!

Comment faire? Une stratégie simple est de fixer à l'avance l'ordre du jour, puis de transmettre l'information à l'avance. Gardez en tête une idée simple: de quoi s'agit-il?

-de trouver des solutions possibles, d'élaborer des stratégies (processus imaginatif)?

-de parvenir à un accord, de négocier, de choisir, d'élaborer un plan d'action concret (processus réaliste)?

-de mettre le doigt sur ce qui ne va pas, de constater des dégât, de définir des responsabilités (processus critique)?

Gardez le cap. Ne laissez pas déraper la discussion. Il y a une réunion pour imaginer, une autre pour des propositions concrètes, une autre pour critiquer. Ne mélangez pas les torchons et les serviettes.

Voici maintenant un classique de la réunion impossible. Vous dirigez une réunion où les gens ne se connaissent pas tous (comme dans le cas de la constitution d'un réseau). Ne cédez pas au penchant naturel propre des grands timides. Ne cherchez pas à mettre à l'aise les gens en leur laissant trop de liberté dans la façon de se présenter. Dites-vous que la meilleure façon de détendre l'atmosphère et de créer une ambiance constructive est, paradoxalement, de fixer des règles. Dites par exemple: présentez-vous en indiquant ce que vous aimez faire, ce que vous voulez faire. Coupez la parole aux bavards, comme si vous étiez un présentateur de télévision. Forcez ceux qui se taisent à prendre la parole: à vous maintenant!

A ce propos, un producteur d'émissions de télévisions rencontré la semaine dernière me disait: "Des stars comme Marc-Olivier Fogiel et Jean-Pierre Foucault ont des personnalités étonnamment simples au naturel, presque effacées... Ils se transforment complètement face à une caméra."

Si ce n'est pas votre genre de mener les débats, faites comme si vous étiez sur un plateau de télévision. Vous verrez la différence (et votre maman sera fière de vous!)! Allez, on se fait respecter! L'audimat de TF1 dépend de vous!