Une étude du National Institute of Mental Health
démontre qu'il est financièrement rentable pour une entreprise d'investir dans
le traitement de la dépression de ses employés. L'idée semble avoir du sens,
non? Offrir des séances de relaxation, un espace d'écoute psychologique, une
hot-line, un espace de détente, ne représentent pas des dépenses si importantes
que ça. Avec la perspective d'augmenter le rendement, la productivité, de
diminuer les absences, les retards, les erreurs de jugement, les fautes
d'inattention, les comportements agressifs.
Oui, mais, me direz-vous, puisque
le rapport coût-bénéfice est si évident que ça, pour quelles raisons est-ce si
peu répandu? Essayez donc de prendre rendez-vous avec un responsable
d'entreprise pour lui proposer de venir relaxer ses employés. Les probabilités
pour qu'il mette votre rendez-vous en haut de sa liste de priorités sont
faibles, pour ne pas dire nulles.
Certains éléments d'explication tiennent en
partie aux habitudes culturelles (l'entreprise n'est ni une clinique, ni le
ClubMed). Mais je me demande s'il ne faudrait pas faire entrer dans l'équation
coût-bénéfice du traitement de la dépression les conséquences d'un éventuel
changement d'esprit. Que deviendraient les rapports hiérarchiques si les
employés et cadres se libéraient de leur petites névroses chéries et autres
paranos? Comment se faire obéir, se faire respecter si on ne peut plus jouer à
faire peur en disant attention, vous risquez l'exclusion, l'amende, la punition
(de façon symbolique ou réelle)?
Cela fait des générations que l'encadrement se sert de la peur et du stress pour exiger plus et encore plus. La fin de la dépression des employés entraîne la nécessité d'un changement dans le rapport hiérarchique. Un changement d'attitude de la part de l'encadrement est possible, mais cela a un prix. Pour obtenir un tel changement, il faut investir dans des consultants, dans des formations. Cela prend du temps et de l'argent. Economiquement, il se pourrait -malheureusement pour vous- qu'il soit plus rentable pour l'entreprise de continuer à fonctionner avec des déprimés.
Lien vers "Treating depression a good business move"