Et si avoir un PDG était une source de félicité? Dès les premières années de la vie, le cheminement naturel de l'apprentissage passe par le choix d'un maître. On s'identifie à son père biologique, à une autre figure paternelle, à une maîtresse d'école, un professeur de piano. Année après année, apprentissage après apprentissage, on met des posters sur les murs de sa chambre, un champion de moto, une championne d'équitation, un maître de karaté... Che Guevara, Jim Morrison, Ségolène Royal, Cécilia ex-Sarkozy.

Vous pouvez penser avoir eu un seul maître dans votre vie, comme un cadre qui me disait l'autre jour: "Quand je dois résoudre un problème, je me demande ce que mon père aurait fait à ma place." Mais, en réponse, je citerai un thérapeute: "Il est naturel de se choisir un maître, lors d'un apprentissage par exemple, et il est aussi naturel que ce choix se fasse en rupture avec un ancien maître. D'où de possibles tensions avec un ou plusieurs membres de son entourage qui sont restés, eux, fidèles à l'ancien gourou."

Il est possible de faire un parallèle entre le fervent adepte du Tai-Chi-Chuan qui attend avec impatience de retrouver son maître le dimanche matin au Bois de Boulogne et le cadre qui va au travail dans un état proche de la félicité. Dans certaines entreprises performantes, on trouve des cadres envoûtés par leur PDG. Ils aiment leur PDG, ils l'admirent, ils le vénèrent, l'applaudissent.

Mais, et c'est là où je veux en venir, la globalisation de l'économie accentue la tendance des PDG à changer de secteur d'activité. Un PDG va quitter la chimie lourde pour l'électronique, un autre va cesser de construire des voitures pour vendre du crédit bancaire.

Comment continuer à croire en son gourou si celui-ci ne croit plus à son métier? Comment progresser soi-même dans son métier sans avoir de modèle? La démotivation des cadres vient parfois de très haut!