Les entrepreneurs peuvent-ils fonctionner en entreprise ?  Pourquoi cette interrogation ? Parce que les qualités requises pour développer l’esprit d’entreprise ne sont pas celles que l’on attend d’un manager salarié (censé suivre des plans et des prévisions, soumis à des contrôles et des procédures).

 

J’ai souvent posé cette question à des entrepreneurs : « comment réagissez-vous face à un échec ? Comment faites-vous pour vous re-motiver ? » Voici une panoplie de réponses qui me semblent significatives :

 

« Par expérience, je sais à l’avance que j’ai une chance sur deux de réussir. L’échec n’est pas possible, il est inévitable. »

 

« Ce n’est pas le problème. Le plus difficile est de savoir quand il faut s’obstiner, et quand il faut renoncer. Et puis il faut pouvoir tenir le coup financièrement.»

 

« Il m’est arrivé d’avoir une très bonne idée, mais trop tôt. Vous pouvez monter un projet, notamment sur des nouvelles technologies, des années lumières avant que le marché n’existe. Le timing est vraiment important. Ce n’était pas un échec (…à propos d’un projet précis), j’ai seulement eu raison trop tôt. »

 

« Si je monte une boîte et que cela ne marche pas, je me dis qu’il faut que je fasse autrement. »

 

J’aime bien cette dernière réponse. Cela correspond aux caractéristiques communes aux entrepreneurs. D’une part une pensée positive : « ce ne sont pas mes compétences qui sont en cause, mais la façon dont je m’y prends ». D’autre part, une vision optimiste de l’avenir, tout particulièrement des progrès de la science : « oui, la planète se réchauffe, mais je me dis que les scientifiques vont découvrir d’autres moyens de produire de l’énergie ». Le sous-entendu est clair : il y aura des opportunités de business que l’on ne soupçonne pas.

 

Mais j’ai une question pour vous. Vous vous voyez dire à votre direction : « ben ouais quoi, mon projet a raté, je n’ai pas atteint mes objectifs, mais c’est normal, j’avais une chance sur deux. Augmentez-moi, je ferai mieux la prochaine fois. »