Après l'invasion des méduses sur les plages, la coupe du monde de rugby envahit déjà les médias. De magazine en magazine, on nous explique que les valeurs du rugby sont celles de l'entreprise. Quel PDG ne se réjouirait pas d'avoir sous son commandement un pack solidaire, courageux, prêt à tous les sacrifices pour faire progresser le bénéfice par action!

Contrairement à d'autres sports comme le foot aux vedettes surmédiatisées, le rugby serait le seul sport d'équipe à privilégier les valeurs collectives. La popularité du rugby est incontestable, mais de magazine en magazine, un autre sujet apparaît en filigrane: celui de la sélection des joueurs de l'équipe de France.

On en revient à l'éternelle discussion sur le recrutement des individualités brillantes aux fortes personnalités. Une équipe ambitieuse peut-elle prendre le risque de se priver d'un joueur (ou d'un cadre) surdoué sous prétexte qu'il serait peu enclin à se fondre dans la "charte de vie commune", pour reprendre l'expression de Jean-Claude Skrela, ancien sélectionneur de l'équipe de France? Est-ce concevable d'imaginer un joueur de rugby végétarien, allergique à l'alcool et aux chants basques, qui préfère rejoindre au plus vite sa famille (ou sa play station) plutôt que de participer à la 3ème mi-temps?